Belo-sur-Tsiribihina à Bekopaka en 4×4

06 Juin 2018, Posté par Alice et Nico dans Madagascar

De Belo-sur-Tsiribihina à Bekopaka

6h nous nous levons, José fait chauffer le café et Bera est en train de poser sa ligne de pêche. 2 jeunes viennent assister au départ. « Bonjour vazaha » me disent-ils. Je leur réponds et leur demande leur nom. Ils me demandent ensuite de leur donner un stylo. Ça tombe bien, « Misy ! » (j’en ai !) leur dis-je et leur donne un cahier et un stylo chacun.
Après le p’ti dej nous plions le camp. Pendant le pliage j’observe deux p’ti jeune diriger des zébus vers le fleuve pour les faire traverser. Avant de partir je ramasse les déchets laissés par le piroguier d’un des groupes parti avant nous. Si les piroguiers laissent des déchets, on ne s’en sortira pas !!! Ca devrait être eux les premiers à protéger leur site!
Tout est chargé dans la pirogue, pas avec autant de soin que les jours auparavant car nous ne ferons que la traversé du fleuve pour rejoindre le 4×4 de l’autre coté de la rive. Nous faisons la connaissance de Michel, le conducteur. Pendant que les sacs sont chargés sur la galerie, nous donnons un pourboire à José et Bera et nous les remerciant chaleureusement pour leur bon coup de pagaie, leur bonne humeur et leur cuisine irréprochable!
Nous grimpons dans le véhicule, sorte d’énorme 4×4 Toyota Land Cruiser, 4 roues motrices, 7 places, 2 devant, 3 derrières et 2 au fond. Michel en est le propriétaire et il en est fier.

Après l’eau, la terre

9h00, nous entamons les 6h (150 km) de pistes. Direction Belo-sur-Tsiribihina pour la pause du midi et pour finir Bekopaka, village de l’ANGAP (Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées) pour les Tsingy.

carte madagascar sur la tsiribihina

Sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka Sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka Sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka Sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka

 

Sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka

Sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka

 

 

 

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Les 3-4 premiers kilomètres sont difficiles, bourbiers, troues, ornières, un 4×4 de se gabarit est un minimum pour passer cette étape. Michel conduit prudemment. Ce malgache au crané rasé et au caractère bien trempé parle malgache, français, anglais, japonais, arabe et swahili. Rien que ça. Il est le patron de Menabe tour, location de 4×4. Michel parle beaucoup et dans son discours on sent un brin de nationalisme.
La piste traverse la forêt et passe par de nombreux petits villages. A chaque passage tous les gamins du village accourent vers la voiture pour nous saluer « Salama vazaha ! » (bonjour étranger !). Les adultes, plus discret, font un signe de la main. La piste s’améliore, pas de bourbier mais pas mal d’ornière limite la vitesse à une 40aine de km/h. Nous rencontrons tout de même notre premier baobab !

Le temps passe vite, voila notre premier passage en bac qui nous amène à Belo-sur-Tsiribihina. Fait de planches de bois posées sur 2 fonds de bateau cote-à-cote, poussé par deux gros moteurs aux bruits infernaux. A 50cm de ces moteurs, un homme qui tient le gouvernail. Il doit être sourd pour supporter ça toute la journée ! Le transfert se fera en 45min. Cout du passage 40 000 ar / personne.

 

Sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka

 

bac sur la piste de Belo-sur-Tsiribihina vers Bekopaka

 

 

« Ta voiture est une poubelle ! »

Une discussion s’amorce entre Michel, Ayna et Julien, les bruits couvrent le dialogue mais je comprends que Michel, notre conducteur n’est pas très content ! La barge arrive à destination. Les 4×4 descendent et nous reprenons la piste. Michel conduit vite et met la musique anormalement forte. Il y a un visiblement un problème. Nous arrivons à un restaurant et en profitons pour lui demander ce qui ne va pas. Il a reçu un appel de l’agence MadaBus, lui disant que nous nous sommes plaint d’être trop serré et « que ça voiture était une poubelle ». Forcement, ça ne lui plait pas ! En faisant un rapide tour de table par acquis de conscience, personne ne s’est plaint de quoi que ce soit, au contraire tout se passe à merveille ! On s’explique avec Michel, qui à du mal à nous croire, et reste sacremment vexé. Il est à deux doigts d’arrêter le voyage. Je ne sais pas qui à voulu faire cette mauvaise blague mais il a réussi !

Aina essaye de le calmer, il propose de téléphoner à Madabus après le repas. Repas qui sera un délice, puisque la carte de « Mad Zebu » propose du pavé de zébus sauce voanatsindrana (fruit au goût acidulé plus connu en Europe sous le nom de « physalis »), Rouget à l’orange avec pomme de terre, brochette de fruits avec sauce chocolat, et succulente banane flambé aux gingembres. Perdu sur une route de l’ouest, ce restaurant (qui à une page facebook !) est un véritable oasis. Ayna appelle Madabus, qui n’est absolument pas au courant de cette affaire… ça restera un grand mystère, l’essentiel c’est que celui qui nous conduit est calmé !
Nous ne dépassons pas les 50km/h pour les 2/3 prochaines heures. Le paysage alterne régulièrement entre forêt et grandes zone de savanes sèches. Un petit problème technique nous permet d’aller faire nos besoins.

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La nuit commence à tomber et Michel nous explique qu’il y a souvent des attaques de dahalo (bandis) dans le coin. On ferme les portes et fenêtres par précaution. Apres quelques kilomètres et plusieurs changement de position fesse droite/fesse gauche sur nos sièges, nous arrivons au 2eme bac. Il fait nuit noire quand les 4×4 embarquent. On ne voit pas l’autre rive, pas une seule lumière pour apprécier la distance. Personne n’avait prévu de lampe, les sacs sont empaqueté sur les 4×4, on avance à tâtons et finissons par monter sur le bac. Après quelques minutes de traversé, nous arrivons à destination : Bekopaka.
Il est temps de monter les tentes à l’endroit qu’Aina nous indique. La zone de camping se trouve prêt du guichet qui nous permettra d’accéder aux Tsingy. Il existe aussi des hôtels à quelques kilomètres de là. Nous déchargeons nos équipements à la lueur de quelques lampes récupérées et commençons le montage des tentes avec en bruit de fond la sono du village et le groupe électrogène. Le village n’est en effet pas alimenté en électricité et encore moins en réseau téléphonique.

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L’emplacement des tentes se situe entre le bord du fleuve et l’allée des gargotes. Les tentes sont montées, tout le monde est crevé, une bonne douche au seau d’eau froide puis un repas dans un resto pris au hasard. L’accueil de la serveuse est un peu froid, mais la relève prise par la Mamie du resto met un peu de couleur malgache à l’ambiance. Menu du soir : Poulet sauce et riz. Tisy en dessert. Picnic commandé à la même adresse pour le repas du lendemain midi. Tout le monde va se coucher.

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