Les marais de kaw

04 Juin 2018, Posté par Alice et Nico dans Guyane

Nous partons aujourd’hui pour un peu plus de 24h dans les marais de kaw (ou appelé rivière de kaw, puisqu’elle se jette dans la mer).

Classés réserve naturelle depuis 1998, les marais de kaw sont situés sur la commune de Régina (deuxième commune de France la plus étendue par sa superficie – 1 213 000 hectares – après Maripasoula) Les marais sont situés à 80km de Cayenne.

Ça sera peut être là 3 ou 4ème fois que j’y retourne mais je ne me suis jamais lassé de ces paysages!

Carte Guyane kaw

 

Au programme rejoindre le débarcadère,
pirogue durant 30-40 min jusqu’au carbet flottant,
halte au village des pêcheurs, observation de la faune/flore, singes hurleur, caïman, heron cocoi, Troglodyte à miroir, Jacana, Héron strié, Sturnelle militaire, Martin pêcheur géant, Tortue Mata-Mata…
Balade de nuit : observation au projecteur des caïmans.
Nuit en hamac ou en lit.
Le lendemain, petit déjeuner en observant le lever du jour et le réveil des oiseaux,
retour au débarcadère en pirogue vers 9 heures, arrivée à Cayenne vers 11h30.

 

A la rencontre de la nature!

Il est 7h30, rendez-vous prêt de l’arrêt de bus d’RFO, sous la pluie. L’organisateur vient nous chercher.

Equipements emportés : 3 touk moyennes (hamac, linge), 1 petite touk (appareil photo, lampe, pile).
Durée du trajet de Cayenne aux marais : 1h.

Nous roulons tranquillement jusqu’à Roura, à partir de là plus de commerce, plus de pompe à essence, donc prévoir ce qu’il faut. S’en suive 50km de route sinueuse, étroite mais sans aucun trou. Peu fréquenté, de nombreux animaux sont visibles sur la route (singe, gibier, serpent…)
Nous arrivons au débarcadère. Quelques jours auparavant, nous avions entendu parler de voitures et pirogue brulées au débarcadère de kaw. Les épaves sont toujours là, devant nous sur le parking. Je ne connais pas la raison de cet acte. Nous mettons les affaires dans la coque alu avec le guide que nous avons rejoint, Guillaume. Chargement rapide car nous ne sommes que 4. D’autres personnes nous rejoindrons pour la nuit.

 

Les marais de kaw

 

Le moteur démarre, la pirogue glisse sur l’eau. Tout le monde observe le paysage. Véritable biotopes, paradis des oiseaux (Hoazin, troglodytes à miroir, héron … etc) des amphibiens (lézard aquatique, anaconda, tortue Mata-Mata) et des caïmans, les marais de kaw s’étendent sur plus de 94 700 hectares.
Les herbes sur l’eau ondulent sous le sillon créé par le bateau, les oiseaux le plus farouches s’envolent. Un mont devant nous crée un peu de relief au paysage, mais ça sera le seul !

 

aigrette géante

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Un spectacle étonnant s’offre à nous : un troupeau de zébus semblent nager dans l’eau, longeant le bort du fleuve afin de rejoindre la berge. Un peu affolés, ils arrivent tout de même à rejoindre la terre ferme.

des zébus traversent les marais de kaw

 

des zébus traversent les marais de kaw

 

Le village de kaw

Nous arrivons au village de kaw, accessible que par le marais. Avec plus de 20 000 visiteurs par an, ce village est l’un des plus beaux sites touristiques de Guyane, mais également l’un des plus isolés : 1 infirmière, 1 docteur présent une fois par semaine, 1 église, et a été relié au réseau mobile depuis 2015, le village est composé d’une cinquantaine d’habitants.
Nous faisons le petit tour touristique du village en empruntant les chemins de terre bordés d’Anacardier (noix de cajou), cacaoyers, cocotiers… les photos sont interdites (sauf l’entrée). J’ai toujours été allergique à ce genre de visite préparée, « voyeuriste », mais elle fait partie du programme.

 

village de kaw

 

Nous continuons sur les marais. Durant le trajet beaucoup d’explication sont données sur les différents oiseaux, la flore, quelques anecdotes.
Le carbet flottant apparait, le couchage est en haut, la cuisine en bas, un petit ponton juxtaposant le carbet permet d’avoir un espace de détente ouvert (pêche, repas, repos..) Deux gros arbustes à proximité du ponton permettent de voir quelques oiseaux d’assez prêt (généralement Jacana, Ani à bec lisse…). On dépose nos affaires à l’étage, la vue est magnifique. L’endroit est calme, reposant, paisible, aucun bruit si ce n’est quelques oiseaux et remoud suspect dans l’eau.

 

carbet_flottant_kaw-2 src image : http://www.escapade-carbet.com

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Info réservation

24h dans les Marais de Kaw : à partir 158€ avec Jal Voyage
Une journée, à partir de : 79 €.
Site web : www.jal-voyages.com
Téléphone : (+594) 594 316820
E-mail : jal@jal-voyages.com

Le marais s’étend à perte de vue, quelques arbustes ça et là servent de perchoirs aux oiseaux. Comme espèce remarquable le sturnelle militaire à la particularité lors de parade nuptiale de monter à 20-30m de haut et se laisser retomber en vrille en poussant un cri. Il y a aussi le Troglodyte à miroir qui a un répertoire de chant originaux impressionnant dont certains ressemblants à une alarme de voiture, ou le Jacana qu’on peut voit bondir dans les herbes immergées des marais…

 

 

 

12h30 nous prenons un repas, confectionné par l’un des guides, préparés à base de poulet boucané, couac, tomates en petits morceaux, aromates, sauces : excellent !

14h00 On part en binôme en canoë sur la crique wapou, les guides nous rejoignent en coque pour nous récupérer. Nous continuons à travers les marais qui peu à peu se transforment en forêt. Les arbres remplacent les grandes étendus de d’herbe immergé. On aperçoit de nombreuses aigrettes, cormorans, martins pêcheur, jacanas… ainsi que diverses espèces d’arbres : bois canon, moutouchi marécage… Après plusieurs heures de balade instructive, nous rentrons au carbet.

 

Info
Moutouchi marécage (Pterocarpus officinalis Jacquin): Ses larges racines ont pour fonction d’oxygéner l’arbre. Il mesure en général une dizaine de mètres de hauteur mais peut atteindre 30m et 90cm de diamètre. Le bois du moutouchi marécage est leger et peut fournir une pâte à papier ou peut être utilisé comme bois de chauffage, ou encore comme flotteur pour filets de pêche.Bois-canon

Bois-canon (Cecropia) Le nom de bois-canon tient de l’anatomie de leur tronc, droit, creux comme un canon ou au bruit qu’il ferait en brulant. Le bois canon sont caractéristiques de la végétation secondaire et des bords des routes. Le croissance explosive est dû notamment à une relation mutuelle avec les fourmis (azteca) qui, en échange d’un gîte, protegent les tiges de tous les autres parasites potentiels. Leur bois est tendre, facile à travailler, et parfois utilisé pour la fabrication de boites d’allumettes ou de poudre de charbon. Le feuilles sont utilisés au Guyana comme papier de verre pour polir les pagaies, les outils ou instruments de musique .

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Pendant qu’un des guides ira chercher une quinzaine de touriste pour la nuit, nous décidons d’aller pêcher. Après quelques minutes avec un morceau de pain à l’hameçon, nous arrivons à attraper un petit poisson appelé « ya ya » que nous utiliserons (cruellement) comme appât vivant. Sans tarder, nous arrivons à attraper un piraï, plus communément appeler piranha. D’apparence quelconque, sa dentition impressionnante fait toute la différence… nous le relâchons.

Le groupe de nuit arrive et prenne place au premier. Les gosses se jettent sur les lits superposés, les parents essayent les hamacs. Le repas du soir est servi : Poisson, riz, banane plantin : succulent !

Il fait nuit noire. Nous partons pour 2h de recherche du grand méchant loup : le caïman.
Un guide au moteur avec une lampe frontale, Guillaume à l’avant avec un projecteur, on avance au ralenti. Le faisceau sillonne les abords jusqu’à apercevoir a travers les roseaux les deux fameux points rouges. La bête ne se fait pas attendre. Le reflet de la lumière sur les yeux du caïman fait apparaitre dans le noir, deux billes rouges. Le moteur au ralenti, nous nous approchons. Les mioches sont priés de se taire. Hypnotisé par la lumière le caïman ne bouge pas. La silhouette de caïmans apparait, c’est un jeune caïman à lunette d’environ 50cm. A 15 dans la pirogue, nous ne sommes pas très discret, le caïmans plonge et disparait. La recherche se poursuit. Deux autres yeux rouges apparaissent, et Guillaume arrive à l’attraper avec dextérité. Premiere précaution, serrer les machoires de la bête pour éviter tout accident. Une petite explication sur l’anatomie nous est donnée et séance de photo. La bête est relâchée. Nous continuons et apercevons cette fois un caïman rouge qui à la particularité d’être plus impressionnant car plus gros et aussi beaucoup moins farouche! Son immobilisme nous permet de l’observer longuement.

 

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Le caïman noir, identifiable par la couleur très foncée de ses écailles, se distingue par sa taille importante qui peut atteindre les 6 m, et un poids avoisinant la tonne chez les plus gros. Il se nourrit de poissons (même des piranhas), tortues, oiseaux et petits mammifères. Il est actif surtout le nuit
Le caïman rouge, est le plus petit crocodilien du monde. Sa face dorsale est brun rougeâtre avec les flancs barrés de noir. Face ventrale, crème maculé de noir. son alimentation est largement composée de poissons et batraciens. Son petit gabarit limite la taille des proies capturées, néanmoins les petits mammifères et oiseaux ainsi que des reptiles sont aussi inclus dans le régime alimentaire.
Le caïman à lunette n’est pas très grand, 1.20 à 2.60m maximum.Une tête courte pourvue de paupières saillantes est reliées par une crête osseuse très nette qui ressemble à des lunettes. Le dos est brun verdâtre, grisâtre ou rougeâtre avec des tâches foncées. Le ventre est clair. Le caïman à lunette à un régime très varié : poissons, crustacés,amphibiens,oiseaux divers, mammifères…

 

La sortie est terminée, nous rentrons au carbet. Après toutes ces émotions, la nuit se fera d’une traite, dans les lits pour certains, les hamacs pour les autres.
Le lendemain, levé (naturellement) à 6h30. La brume recouvre les alentours et crée une atmosphère mystérieuse, surnaturelle, quasi magique…
Apres le petit déjeuner nous remballons nos affaires et tout le monde est dans la coque à 8h30. Pour garder un dernier souvenir, nous appercevrons un singe hurleur à la cime d’un arbre.

 

L’os creux sous son cou lui sert de caisse de résonance lors de hurlement caractéristique. c’est surtout à l’aube que l’on peut les entendre. Leurs cris peuvent paraître effrayants, mais ce sont des animaux très paisibles, se nourrissant essentiellement de feuilles et de fruits. Ils forment des groupes de 3 à 7 individus, avec un ou deux mâles adultes, des femelles et des jeunes.

Cri du singe hurleur

Ils occupent un territoire d’environ 40 hectares, qu’ils défendent en hurlant pour se démarquer des troupes voisines. Ils passent une grande partie de leur temps à somnoler, et se déplacent sans bonds spectaculaires, marchant sur les branches et en assurant toujours leurs prises lors des passages périlleux. Les naissances (généralement 1 seul petit) auraient lieu plus ou moins toute l’année

 

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