
Quel plaisir de se lever sous une température proche des 25°. Il est 6h30, je prends une bonne douche et prépare mon programme de la journée. En regardant une carte du monde on peut remarquer que Macapa est situé sur la Latitude 00 02' N. Ce qui signifie qu’en faisant quelques kilomètres au sud de la ville (6km plus exactement) on croisera la route de Monsieur l’Equateur !
Formidable n’est ce pas ? Un monument à été érigé pour symboliser son passage, c’est le monumento Marco Zero do Equador. J’irai le visiter. Ensuite j’irai voir le Musée Sacaca (tout de suite ça fait moins fun …). Je consulte mon guide pour connaitre les bus qui m’y emmèneront. Je sors de ma chambre et en passant devant la petite cuisine au début du couloir j’aperçois un vieux monsieur, client de l’hôtel, entrain de boire son café. Il est assis à coté d’une table sur laquelle sont posés des petits pains, du beurre, du saucisson, café, chocolat, jus de fruit... Tiens y aurait-il moyen de prendre un p’ti dej ?
Je demande à la jeune femme de l’accueil : « Quanto é por favor ? » en désignant le petit dej.
« Includad » me répond elle. Parfait, pour 25r$ (10 euros), le petit déjeuner est inclus, c’est royal !
Je prends quelques petits pains avec des tranches de fromage, j’évite le jus de fruit car j’ai vu qu’elle le mélangeait avec de l’eau du robinet. Ne prenons pas de risque bêtement. Je m’assois à coté du vieux monsieur, il tire un peu la tronche.. y a des matins comme ça !
Je remercie la jeune femme et m’échappe de l’hôtel.
Je dois prendre le bus « Fortaleza ». J’avais repéré depuis mon hôtel un arrêt de bus qui n’en est pas un puisque aucun panneau n’indique qu’il y a un arrêt à cet endroit. Réservé aux habitués en fait. Bref, j’attends quelques minutes parmi la population et je vois le bus en question s’approcher. Je fais un petit signe de la main, il s’arrête. Je monte par l’avant, le chauffeur me fait une drôle de tête… peut être que c’est son expression habituelle, je ne sais pas. Je lui montre ma destination, il me fait un signe du pouce que je suis dans le bon bus, mais immédiatement me fait comprendre que je dois redescendre et monter par l’arrière (et là je dis merci au langage des gestes). Je m’exécute. Je saute à l’arrière et je comprends mieux la raison. En montant par l’arrière, on se retrouve face à une sorte de tourniquet avec a coté, un contrôleur assis. Pour entrer dans le bus, il faut débourser en général 1.5r$ et le tourniquet se débloque (par la magie du contrôleur qui enlève son genoux qui bloquait le mécanisme). Il n’y a pas de ticket, tu payes le passage. Dans un sens ce tourniquet est un bon moyen contre la fraude. Les seules personnes que j’ai vu monter à l’avant sont les militaires, les vieux et les p’tits jeunes avec leur grand cartable. Le chauffeur m’invite à m’assoir à l’avant, afin de pouvoir m’indiquer quand descendre. Il y a peu de monde dans le bus aujourd’hui.
Il roulera à travers la ville durant 10-15 min, en effectuant tout au long du court voyage de nombreux arrêt. Lors d’un arrêt, le chauffeur me fait signe de descendre, je suis arrivé. Il est 8h00. Je remercie le chauffeur et le contrôleur et descend du bus. Rapide tour d’horizon pour apercevoir non loin de là un obélisque d’une vingtaine de mètres de haut avec en son extrémité un trou en forme de disque. Au premier abord rien de spectaculaire (je trouvais même le monument très peu attractif). Un escalier m’y emmène et je me trouve maintenant au pied du monument. Il n’y a personne, aucun touriste, aucun autochtone, enfin si, un jardinier en plein travail d’élagage d’un buisson. Dans la continuité de la colonne, sur le sol, un axe d’environ 20-30m représentant la ligne de l’équateur avec en ses extrémités deux petits connes identiques. Sur chaque tranche de l’axe est inscrit l’hémisphère. Bon, je vous passe le cliché "regarde ! J’ai un pied dans l’hémisphère nord et l’autre dans l’hémisphère sud !!" Mais lorsque l’on réfléchie, c’est quand même pas tous les jours qu’on est à égale distance des 2 pôles et qu’on peu passer d’un hémisphère à l’autre sans prendre l’avion !
Une fois mes bêtises terminées, je repars : le retour en bus (car mon guide de voyage n’indique pas le retour des trajets). La personne que j’aperçois un peu plus loin de l’autre coté de la route pourra m'aider. Je traverse cette route manquant de me faire écraser par une voiture, et un peu essoufflé par ce petit sprint, je soumets ma question. D’un air un peu méfiant, la personne m’indique non loin de là une sorte d’abris avec deux personnes manifestement en train d’attendre un bus. Je m’y rends d’un pas sûr, et me pose sur le banc tagué. Maintenant que j’ai la réponse à la question du lieu, il faut que je sache quel bus je dois prendre. Je me tourne vers les deux jeunes femmes qui attendent avec moi et pose ma question. Elles me confirment qu’un bus pour Macapa passe à cet arrêt, mais impossible par contre de connaitre son nom. De toute façon elles m’abandonnent quelques minutes plus tard en montant dans un bus (qui lui ne va pas a Macapa !). J’attends. 3 personnes arrivent, une quatrième ensuite. A peine ai-je eu le temps de feuilleter mon guide de conversation pour préparer ma question qu’ils se lèvent tous brusquement pour héler le bus qui arrive.
"Celui là, je le sens bien aller à Macapa" me dis-je.
Vite fait je demande en désignant le bus qui s’arrête devant nous:
"ir Macapa ??"
"Sim, sim !" me répondent-ils.
Et hop je monte quasiment en marche car le bus ne s’est pas vraiment arrêté.
Et voila, rien de plus simple, le bus m’emmène en centre ville. Le retour en ville se fera tout aussi facilement que l’aller.
Mon deuxième plan de la journée sera d’aller au Musée Sacaca. Situé à 2 km de la ville, je vais en profiter pour y aller en mototaxi. Justement une mototaxi klaxonne. Ici les mototaxis klaxonnent tout le temps : un p’tit coup de klaxon pour interpeller le passant, un p’tit coup en traversant le carrefour, un p’tit coup dans une ligne droite, un p’tit coup pour … rien ! Ils klaxonnent tout le temps !! Donc, je réponds à celui qui m’a fait comprendre qu’il était disponible, et d’un petit signe il s’arrête a coté de moi. Je lui montre mon guide et il me passe le casque, qu’il avait coincé sous un filet sur sa selle, derrière lui. Je monte ensuite, m’agrippe aux poignets et hop on est parti. Mise à part mon grand nez qui n’arrête pas de se frotter au bord du casque, la ballade est agréable. En 5 min on y est. Je lui paye les 3 r$. Pour immortaliser le moment je lui demande si je peux le prendre en photo. Il enlève son casque et pose fièrement pour la photo. Hop, l’image est dans la boite.
Obrigado ! C’est vraiment frustrant de ne pas parler la langue, j’aurais bien voulu discuter avec lui ...
Le musée Sacaca (M. Raymond Santos) est un musée unique. Inauguré le 5 avril 2002, ce musée à ciel ouvert présente des habitations de communautés indiennes telles que les Wayampis (Famille des Tupi-guarani installés en Brésil et Guyane), Palikurs (Famille des Arawak installé dans l’état d’Amapa et en Guyane) construites par les indiens eux-mêmes pour le musée. On peut côtoyer aussi divers type de plantes : mouloukou, wasai, cupuacu, cacao...
L’hôtesse d’accueil qui comprend rapidement que je ne parle pas le brésilien, appelle un guide parlant français. Celui-ci me fera exclusivement la visite du musée. Le grand luxe ! Durant 30-40 min, ce sympathique guide m’expliquera consciencieusement l’utilisation, la fabrication de chaque objet artisanal entreposé dans les habitations, la méthode de fabrication du couac dans la « Casa da Farinha », l’utilisation du roukou. Le guide m’explique que le 5 avril, jour d’inauguration du musée, des indiens viennent montrer aux visiteurs la fabrication du couac, l’utilisation des ustensiles.
Voici les différentes étapes de la conception de la farine de manioc, appelé couac en Guyane ou farofa au Brésil :
Une nuée de p’tits gamins croiseront mon chemin durant la visite, normal on est mercredi. Je les croiserais à nouveau devant un spectacle pour enfant, là ou ma visite se termine. Je quitte mon guide, après l’avoir remercié chaleureusement. Je rentrerai à l’hôtel à pied. Ce n’est pas très loin et ça me permettra de visiter la ville. Il est 12h00 quand j’arrive en centre ville, je vais manger au resto d’hier : CLR. Toujours aussi succulente leurs viandes !
En sortant je repère centro estadual de lingua e cultura frances Danielle Mitterrand l’école de français Danielle Mitterrand. Je vais aller les voir, me renseigner, il doit bien y avoir une personne qui parle français. J’entre et m’adresse à la première personne que je vois, qui apparemment ne parle pas français. Elle me dirige vers l’accueil qui compte 2 personnes dont une qui parle français. En discutant, j’apprends que c’est une école publique, donc gratuite, qui a été crée en 1998 dans le but de lier plus de liens avec la Guyane. 3000 candidatures ont été reçues durant le semestre, mais il n’y a que 320 places de disponible, c’est dire l’intérêt qu’ont les brésiliens pour le français !