La Canopée

Le 06 Juin 2018, Guyane

 

Aujourd’hui nous partons pour une excursion avec Lionel, guide pour La Canopée.
Ce séjour de deux jours et une nuit nous fera grimper dans la cime des arbres contempler à 36m de haut la forêt amazonienne, apprécier les vastes horizons de ce point d’observation privilégié, lieu de passage des aras, toucans, rapaces, kwatas, singes hurleurs, oiseaux multicolores… ensuite après avoir rejoint ces différentes plateformes par des tyroliennes nous installerons notre hamac dans un carbet … à 10m de haut !

 

Contact
Canopée Guyane
SARL 10 rue Pasteur – 97310 Kourou
Le bureau est ouvert du lundi au vendredi de 8H00 à 11H30.
Téléphone : 0594 32 53 59
Portable : 0694 41 29 26
e-mail : camp.canopee@gmail.com
www.canopee-guyane.com

 

Nous sommes au dégrad Saramaca, le fleuve Kourou passe devant nous, il 8h00. En attendant, on observe le paysage. 

Lionel pointe le bout de son 4×4. Il met la pirogue à l’eau, belle pirogue en bois de 12.5 m de long, capacité 12-13 personnes. Il l’a commandé apparemment au Surinam et l’a fait venir par la route, ça a dû être un sacré périple ! Accompagné de ses partenaires, Lionel prépare le matériel. D’autres personnes du groupe arrivent peu à peu. Nous grimpons tous dans la pirogue, et partons pour le carbet situé à environ 1h30 – 1h40 du dégrad. Il est 10h00.

Discussion avec Lionel, explication de la flore, observation du paysage … le temps passe vite.
Le fleuve traverse sinueusement la forêt qui parait impénétrable. Pas un espace de libre. Chaque centimètre carré est occupé par la végétation. Les arbres font en général 20-30 m , très verdoyant mais les fleurs se font rares. Nous croiserons sur la première partie du trajet des légionnaires, surement en surveillance.

Première pause vers 11h00 sur un petit banc de sable de 3-4m de long. On a l’impression que cette « mini plage » été faite pour nous ! La forêt est extrêmement dense, il suffit de s’enfoncer de quelques mètres pour mieux comprendre : la lumière s’assombrie, les lianes entravent la progression, la peur de rencontrer un nid de mouche feux ou de mygale se fait ressentir. Non accompagné, s’y aventurer serait dangereux. 

 

Au bout de 30-40 min de navigation, le moteur ralenti et le débarcadère apparait. Même si la pirogue est confortable (un dossier dans une pirogue c’est royal !) nous sommes contents d’être enfin arrivés. Après quelques mètres sur un chemin surélevé en bois qui s’enfonce dans la forêt, nous voyons apparaître sur notre droite, planté au milieu des arbres, un carbet à 3-4 m du sol sur pilotis. C’est le carbet cuisine.
En face de nous le carbet couchage. Perché dans les arbres, à 12m de haut, le carbet semble être simplement posé sur quelques troncs d’arbres bien frêles! En regardant de plus prés, on remarque que la construction à bien été pensée : 5 troncs (2 petits, 2 moyens et 1 énorme) servent de support au carbet. Un long escalier d’une trentaine de marches nous y emmène. Dans le respect de la nature, aucun tronc n’a été coupé, l’ensemble de la structure est faite d’éléments de la forêt mise à part quelques boulons visibles qui assurent notre sécurité. Toute la charpente du carbet repose sur un système de hauban (je ne pense pas que le terme soit exact..) et permet ainsi de soutenir l’ensemble du carbet. Les troncs traversent de bas en haut le carbet. Sur le toit, joignable par une échelle, en plus de la magnifique vue à 360° dans le houppier des arbres, un espace a été aménagé pour les départs et arrivées de la tyrolienne. Hé oui ! Car si nous somme venus ici, c’est entre autre pour jouer à Tarzan !

 

 

En tout cas pour le moment c’est l’heure du repas, et il parait qu’ici on mange super bien. La cuisinière, une « mama » brésilienne nous a préparé un excellent repas. Les accras sont excellents !

Des groupes sont constitués pour les 2 activités de la journée : tyrolienne et marche à pied. Pour la tyrolienne un départ est prévu vers 15h d’une durée de 2h et un autre vers 18h. Un 3eme groupe partira demain. Tout le monde se jette sur celui de 18h pour voir le coucher de soleil… Olivier et moi prendrons celui de 15h. Lionel nous équipe en harnais et direction le départ sur le toit. Après une petite mise en confiance, nous sommes accrochés au filin. Hop ! C’est parti pour 10s de descente. On frôle les arbres, les branches, mais tout le monde y arrive sans encombre.

Nous suivons en file indienne un petit layon étroit durant 10 min. Nous apercevons sur le chemin un nid de mygale creusé dans la terre. Une mygale est d’ailleurs au bord de son abri.

Nous arrivons au pied d’un immense arbre d’où descendent 6 cordes. Tout en haut de l’arbre, à 36m du sol, une petite plate forme en bois à peine visible nous attend. Le but est, par une méthode manuelle, de grimper le long de la corde et rejoindre cette plateforme afin d’avoir une vue sur la canopée.
Durée de la montée entre 15 et 25 min. Certains ont la technique, d’autres pas du tout. La montée permet d’atteindre les premières ramifications. Le sol s’assombrit et disparaît peu à peu. Nous arrivons sur la structure en sueur mais content d’y être arrivés. Le soleil, caché par les arbres au sol, tape fort à la cime. Nous nous accrochons sur une des cordes de sécurités. Nous sommes maintenant à 36m de haut, surplombant la forêt amazonienne. Nous pouvons observer la canopée. Composée de la strate supérieure des arbres de la forêt équatoriale, la canopée est formée de la partie sommitale de la couronne des arbres. C’est à cet endroit précis que la forêt tire son énergie. La Canopée capte en effet entre 95 et 99 % de l’énergie solaire. Ne laissant qu’une petite partie arriver au sol. C’est dans ces quelques mètres que ce concentrent 80 % du feuillage des arbres. Et c’est bien sûr en hauteur que s’épanouissent les plus belles fleurs.

 

Apres 1h passé à discuter et observer la vue, nous redescendons. En dessous de nous, plus de 30m de vide, ce n’est pas forcement évidement de se lancer, mais Lionel sait nous mettre en confiance. Doucement la descente s’effectue, et on repose les pieds sur la terre ferme. On revient tranquillement par un petit layon qui nous emmène à une deuxième tyrolienne. Plus longue que la première, le filin se perd à travers les arbres pour atterrir je ne sais où. Lionel part en premier. Cette sympathique petite tyrolienne nous fait « voler » à une 30taine de mètres de haut et atterrir sur le toit du carbet. La boucle est bouclée !

Un des partenaires de Lionel me demande si je veux voir un œuf d’oiseau. Drôle d’œuf que je découvre ! Bleu turquoise, posé là, à même le sol, pas de nid, c’est un canular ? Merci à Catherine de m’avoir informé que c’était un oeuf de Grand Tinamou (Tinamus major).
« Le nid est un grattage au sol, formant une dépression peu profonde entre les racines maîtresses d’un grand arbre. La ponte comprend entre 2 et 12 œufs (plus habituellement 3 à 6). Ils sont brillants, bleu verdâtre intense, turquoise ou violet, ayant l’aspect de la porcelaine »

Cris de Grand Tinamou.

Je remonte au carbet. En haut des escaliers j’aperçois une belle mygale (matoutou) à l’entrée de son nid. Elle me regarde, je la regarde….

 

Je pars ensuite dans mon hamac. Après un deuxième excellent repas (on ne se lasse pas des accras ! mais quelle est sa recette ?!!). Nous passons une très bonne nuit en hamac (du moins, pour Olivier et moi !)

 

Rando en forêt

Le lendemain matin vers les 10h00 nous partons pour une marche 1h30 – 2h à travers la forêt. Nous sommes 7, accompagnés d’un guide certainement d’origine Saramaca. Sur le chemin nous rencontrerons toutes sortes de faune et flore : Des champignons aux formes et couleurs étonnantes, des « maho cigare » aux contreforts impressionnants, l’enchevêtrement des lianes tortues, une cigale sur une liane rouge, deux piverts à l’entrée de leur nid, un magnifique « iule » d’au moins 20 cm, un morpho barré farouche, un « Crapaud feuille » Bufo ‘margaritifer’ à l’apparence d’une feuille morte…etc. Un petit cours d’eau traverse le chemin, quelques grenouilles viennent s’y baigner, quelques arbres viennent plonger leurs racines… le décor est magnifique.

 

 

Le sentier que nous suivons se termine brusquement sur une petite plage du fleuve Kourou. 3 petites pirogues nous attendent là, sagement. Le guide nous invite à monter par groupe de 3, il nous précise que les pirogues sont assez instables donc nous conseille de mettre nos appareils photo et autres objets craignant l’eau dans de petites « toucs ». Tout le monde s’exécute. Je pars avec mes 2 compères de la montée à la corde d’hier.

L’embarquement en pirogue se passe bien, beaucoup mieux que le groupe d’Olivier qui a eu la chance d’avoir dans son groupe un winner! Celui-ci, afin de « prendre de l’élan », a eu la bonne idée une fois tout le monde dans la pirogue, de sauter du bord en poussant la pirogue et grimper à l’intérieur. Evidemment la pirogue n’a pas supporté le choc et s’est retournée! Pour arranger les choses, sa touc, contenant son appareil photo était mal fermée. On ne s’improvise pas gaffeur ! (pour ceux qui s’inquiètent pour l’appareil photo, il séchera au soleil et finira par fonctionner) 

La descente du fleuve se fera tranquillement et paisiblement. 

Nous arrivons sur le ponton du carbet. Nous échangeons nos impressions sur la ballade, tous ont été conquis. Vers 16h00 l’heure du départ sonne. Tout le monde râle, « on est bien ici ! ». Les affaires dans les sacs, nous quittons le carbet avec regret. Nous embarquons dans lag pirogue et regagnons le dégrad Saramaca avec des souvenirs plein la tête. Bravo Lionel pour cette organisation impeccable !