Corse mare e monti de calenzana a bonifatu

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12/03 et 13/03 - De Bastia à Calenzana

Départ pour la Corse de Montpellier, train SNCF jusqu'à Toulon puis au port d’embarquement je monte à bord du CORSE de la SNCM pour 10h30 de traversée jusqu'à Bastia.
A la gare de Montpellier je rencontre un cyclotouriste, Gwen, allant aussi en corse pour un "quasi tour" de corse (de Bastia à Ajaccio par la cote). Je constate qu’il a également opté pour un vélo Cannondale BadBoy V-Brake 26", comme celui que j’ai utilisé pour le Paris-Montpellier et Paris-Amsterdam. De la bonne came ! Nous nous séparons à Marseille pour nous retrouver normalement à Bastia.
La nuit à bord du ferry sera plutôt moyenne. Les sièges ne sont pas inclinables (et pourtant appelé "Fauteuil confort"!), mais par chance nous étions si peu de passagers qu’on pouvait se permettre de prendre des rangées de 3 fauteuils pour s’y allonger.

SNCM - Le Corse SNCM Fauteuil confort

Les lumières de Bastia se rapprocher lentement. Le bateau accoste en douceur, il est 7h et une navette m’amène à la sortie du port. J’attends Gwen 30-40 min mais… personne à l’horizon, je pars faire un tour dans Bastia. Mon train pour Calvi est à 10h, j’ai du temps devant moi. La petite gare de Bastia est à 300m du port, rien ne l’indique mais il suffit de demander. J’achète mon billet de train (16€) et pars dans les rues de Bastia pour ‘sentir’ un peu la ville… je me pose sur la place Saint Nicolas où quelques personnes se prélassent au soleil du matin sur une terrasse de café, des retraités discutent tranquillement aux pieds de la statue en marbre de Napoléon. Derrière moi ça bouchonne sur l’avenue principale, comme toute ville ! Au détour d’une rue je revois par chance Gwen en plein effort ! Son bateau a eu 1h30 de retard... Nous prenons un dernier café avant de nous séparer pour nos aventures respectives.

Bastia - place Saint Nicolas Bastia - place Saint Nicolas Train à Bastia Ligne Bastia Calvi

Mon train part dans 5min, je prends place dans ce petit wagon des années 50 d’une 20ène de place, le moteur démarre, il est 10h pétante ! Nous partons de Bastia en empruntons l’un des quelques tunnels du voyage. Le contrôleur composte mon billet et m’informe qu’il faudra changer à Casamozza pour aller à Calvi. Et moi voici doté d’un joli cœur en guise de poinçon sur mon billet :) Nous effectuons de nombreux arrêts, beaucoup ne sont pas indiqué sur la liste des arrêts. Un petit groupe dont je fais parti descend à Casamozza pour prendre 2 min plus tard, un train similaire qui partira en sens inverse.

Cabine du Train Bastia Calvi Arrêt à Casamozza

On entame maintenant la plus belle partie du voyage en train, se faufilant entre les montagnes, le train avance doucement sur l’unique voie ferré reliant Bastia à Calvi.



Les paysages sont grandioses, aux pieds des montagnes nous traversons quelques ponts surplombant des rivières à l’eau translucide, côtoyant les moutons apeurés et vaches blasées. Taillée à même la montagne, cette ligne donne un premier aperçu de cette partie de « l’ile de beauté ».



Au rythme des nombreux arrêts, nous atteignons finalement la cote par L’ile Rousse. La mer est bleue émeraude, translucide, on y voit le fond sans sortir du train ! On suit la cote une trentaine de minutes avant d’atteindre l’arrêt « Dolce Vita – GR20 » qui est la station la plus proche de la route qui mène à Calenzana. Calvi, le terminus, est 5km plus loin. J’entame les 8km qui mène au village et tente le stop afin d’éviter cette longue ligne droite de bitume inintéressante. Je tends le bras au passage d’une voiture, elle s’arrête. Ça marche plutôt bien! Ce monsieur, un maçon brésilien, ne pourra m’avancer que d’un kilomètre. C’est déjà bien, je prends! Je refais du stop durant 5/10min et cette fois une mère de famille m’amènera directement au pied du village de Calenzanna. Merci beaucoup !

voie ferrée Bastia Calvi paysage sur la ligne de train Bastia Calvi paysage sur la ligne de train Bastia Calvi Arrêt du train Dolce Vita

Je fais un tour au gite d’étape, fermé comme prévu, mais on peut y accéder et même planter sa tente sur les emplacements bivouac. Je fais un saut au village, achète de quoi manger au supermarché pour ces quelques jours. J’achèterai local : du lonzo, une tome de chèvre du coin, du pain corse et des clémentines pays. (Le lonzo est le filet de porc réputé maigre et la coppa est l'échine de porc entrelardée.)
Après-midi farniente avec les oiseaux et la vue sur les monts enneigés. Douche au tuyau d’arrosage et direction le duvet !

gite à calenzana vue du gite à calenzana vue du gite à calenzana


14/03 Calenzana à Bonifatu
Distance : 10 km
durée : 4h45
dénivelé plus : +590 m
dénivelé moins : -300 m.

Départ matinal pour la randonnée, il est 7h15. Je traverse le village direction Sud-est pour me rendre au départ du balisage. J’entame la montée et abouti rapidement a une très belle vue sur Calenzana. Le balisage est clair : rouge et blanc parce que je suis le GR20 pour le moment et un balisage orange pour le Mare e Monti. Sur le chemin j’entends fouiller dans les broussailles à quelques mètres de moi. A mon avis ce n’est pas un petit oiseau ! Je me retrouve effectivement nez à nez avec un sanglier, qui après 5 secondes de face à face détale aussitôt dans la végétation.



départ du Mare e Monti à Calenzana vue sur Calenzana

Le sentier grimpe doucement à l’abri du soleil encore derrière les montages. J’atteins un petit col avec un vue a 360° sur les monts enneigés, le maquis, et quelques villages accrochés sur le flanc de montagne. Je prends une grande inspiration, l’air pur est ici ! Les oiseaux chantent joyeusement, j’en rencontre beaucoup. Je descends vers un petit ruisseau et y croise une vache poilue, posée là au milieu de la végétation. Pas plus dérangée que ça par ma présence, elle rumine. Le soleil est enfin passé au dessus des montagnes. L’amplitude de température est assez importante, 3 couches de vêtements à 7h, je suis en tee-shirt 2h plus tard. Le sentier est très agréable et pour l’instant facile. J’arrive sur le sentier ONF, plus large. J’aperçois venir vers moi un chevreau effarouché… mais pas tant que ça, il grimpe dans les rochers tout en jetant un œil curieux en ma direction, puis disparait. En contre bas une rivière sur un lit de galet.



riviere

J’atteins le pont qui la traverse, mais un ouvrier me prévient qu’ils sont en train de faire des travaux et ont dû détourner le lit de la rivière sur le sentier du Mare e Monti ! Il me conseille de remonter un peu la rivière et récupérer ensuite le sentier. Je tente. Je trouve un endroit pour traverser, m’enfonce dans la forêt dense mais surtout hostile, les ronces m’accrochent les jambes, les mains, le sac et je ne retrouve pas le sentier. Je dépose le sac pour être plus mobile mais, rien n’y fait, je ne le retrouve pas. Je décide de revenir au pont.

slip pour arbre! déviation du lit de la Rivere Figarella

Après étude de la carte, le sentier doit atteindre le départementale 251. En suivant la piste ONF, c'est-à-dire en prenant à droite au pont, je peux récupérer plus en aval la départementale. Ce me fait un détour de 2 ou 3 km. J’atteins le gite de Bonifatu (L’auberge de la forêt) après 40 min d’asphalte, il est 11h45. Des employés nettoient les abords, je leur demande si je peux poser la tente : « Pas de problème, il y a de la place la haut ». Merci ! Des emplacements fraichement nettoyés sont effectivement dispo en haut du gite. Une fontaine pour l’eau en bas, c’est parfait.

Rivere Figarella jonction avec la route vers Bonifatu vue depuis le gite de Bonifatu camping à Bonifatu Du lonzo et tomme de chèvre

Plus tard dans l’après midi, je vois au loin un couple à la recherche aussi d’un emplacement. Je les invite à venir sur les emplacements du gite. Ce jeune couple d’étudiant allemand, Judith et Fidele, on fait le Mare e Monti nord depuis Corte, puis à Evisa on remonté le Mare e Monti que j’entame. Demain ils rejoindront Calenzanna, fin de leur périple. Randonneurs aguerries, ils adorent la Corse par sa nature sauvage, ses villages enclavés, ses nombreuses possibilités de randonnée, ils feront d’ailleurs une année d’Erasmus l’an prochain sur l’ile. On partagera le repas du soir ensemble, à la lumière des frontales. Judith, végétarienne, nous fera un excellent repas de lentille jaune, soja, tomates séchées, épices en tout genre… de quoi prendre des forces pour l’étape de demain qui s’avère la plus forte en dénivelé.




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